Aux origines de cette tradition qui tache

Cette tradition a plusieurs origines selon les sources. Mais la plus répandue, et la plus probable remontent au XVe siècle, et édification de l'église de la Grâce (" Merced ") en lieu et place d'un ermitage mozarabe remontant à 1151, sur le faubourg de la Churra, à Baza. Au cours des travaux qui débutèrent en 1490, un ouvrier fouillant les fondations entendit de douces plaintes, semblant surgir des entrailles de la Terre, et priant " Aie pitié ! " Il trouva alors la sculpture d'une vierge baptisée Notre Dame de la Piété.

L'ouvrier, originaire de Guadix, discuta de la possession de cette icône, impliquant même les autorités des villes de Baza, où elle fut trouvée et Guadix, d'où venait son découvreur. La justice trancha : la propriété revint à la ville de Baza. En échange, Guadix obtint le droit de célébrer chaque année les fêtes religieuses, le 6 septembre en l'honneur de la fête de la Vierge de la Piété. Une commission et une confrérie furent créées pour s'y consacrer. À l'origine, Juan Pedernal, découvreur de cette vierge, prit la tête du cortège, accompagné par un ami, grimé en bouffon, baptisé le Cascamorras . Ce dernier menaçait les habitants de Baza de leur voler leur vierge, tandis que la foule tentait de l'en empêcher en l'aspergeant de tout et n'importe quoi.

De nos jours, ce Cascamorras quitte Guadix dans la nuit du 5 au 6 septembre, direction Baza, pour aller dérober la Vierge de la Piété. À ses côtés, un porte-drapeau, un tambour et quelques membres de la confrérie.

Le 6 à 18h, il est " lâché " depuis le quartier des Arrodeas où l'attendent des milliers de bastetanos (habitants de Baza) qui le tachent avec de la peinture noire, pour l'empêcher d'emporter la vierge. Le Cascamorras poursuit sa course jusqu'à la Plaza de la Eras où il monte sur la statue de son personnage en brandissant son drapeau devant des milliers de spectateurs. Étape suivante, la Plaza Mayor, où il est acclamé. Il déclame alors plusieurs serments au drapeau avant d'entrer dans le temple. Au jour suivant, il parcourt les rues de la ville en quête de dons.