Qu'il soit devenu ces dernières années le portraitiste officiel de la famille royale néerlandaise était un premier signe. Que La Haye accueille actuellement une double exposition consacrée à son travail libre, suivie cet été d'un accrochage au Rijksmuseum, à Amsterdam, dépositaire depuis peu des oeuvres-phares de sa collection, n'a fait que le confirmer : à quelques mois de son soixantième anniversaire, Erwin Olaf compte parmi les photographes les plus en vue des Pays-Bas. Ce qui, au regard des images sans compromis et des opinions pour le moins tranchées que cet autodidacte propage depuis les années 80, n'était pas gagné d'avance. Lui-même ne se reconnaît qu'à moitié dans cette vision, nous confie-t-il après une visite à l'imprimerie Die Keure à Bruges, en charge de sa nouvelle monographie. "Je ne cherche pas à être rebelle à tout prix: moi aussi, je veux me faire ma place et être exposé dans les plus beaux musées. L'un n'empêche pas l'autre... et, permis ou pas, l'artiste doit continuer sans cesse à tout remettre en question."
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