Petite et menue, Flo (Florence Guan de son nom complet) a les cheveux turquoise noués en couettes, quasiment de la même couleur que le col en fourrure de sa veste "vintage" en noir brillant. Sa tenue du jour, après avoir assisté au défilé de la marque Zero + Maria Cornejo dans le cadre de la Fashion Week new-yorkaise: jean motif peau de vache, comme sa pochette achetée dans une boutique de seconde main, et un petit haut en cuir vegan.

Le compte Instagram de Flo n'a que 24.000 abonnés (loin derrière les stars du réseau social) mais elle est devenue ce que beaucoup considèrent comme une "influenceuse": c'est-à-dire qu'elle est capable d'influencer son entourage et d'augmenter la clientèle des marques qui la prennent sous leur aile.

- Offrir une visibilité -

Père de Chine continentale, mère de Hong Kong, Flo vit à Londres. Bien que diplômée en graphisme, sa vraie passion est la mode.

Florence Guan

Florence Guan © AFP

Il y a un an, elle commence à publier des photos d'elle sur Instagram, affichant son goût pour les tenues originales. "Mon style est un mélange de tous les styles. Mais je sens clairement que mon truc, c'est la couleur", dit la jeune fille.

Beaucoup de designers l'invitent déjà à leurs défilés, à New York et à Londres. En février, pour la première fois, elle était aussi à la Semaine de la mode parisienne. Plusieurs marques comme Diesel, Nike, TopShop lui ont déjà envoyé des vêtements pour qu'elle se photographie avec, dans l'espoir d'attirer de nouvelles clientes via son compte Instagram.

Pour leur faciliter la tâche, elle ajoute aux photos un lien direct vers les tenues présentées, assorti parfois d'un code de réduction. "Au début, je ne savais pas qu'on pouvait se faire payer pour faire ça, je le faisais gratuitement. Mais maintenant, pour tout ce que je fais, je réclame qu'on me paie. Je ne peux plus faire ça gratuitement, j'offre beaucoup de visibilité", dit-elle.

La moitié de ses abonnés vit en Grande-Bretagne, l'autre aux Etats-Unis. Les trois quarts sont des femmes.

Les influenceurs les plus connus peuvent gagner des millions, à l'image de la star des réseaux sociaux Alexa Chung. Flo est très loin du compte, mais l'argent commence quand même à rentrer. "Quand la marque est connue, ils me paient jusqu'à 200 livres (260 dollars) par photo publiée", dit-elle à l'AFP.

- "Le monde a changé" -

Pour l'instant, elle continue à habiter chez ses parents à Londres, en raison des prix exorbitants des logements dans la capitale britannique. "Mais donnez-moi un an, et je crois que je pourrai être autonome", dit-elle.

Elle souhaiterait maintenant collaborer activement avec de jeunes designers new-yorkais. "Je veux aider les marques qui débutent", assure-t-elle. "Mon but est de continuer à faire cela toute la vie (...). C'est vraiment amusant, ça me vient naturellement, et j'adore montrer mon style personnel".

Sa mère approuve. Mais son père est "plus traditionnel". "Il voudrait que j'aie un emploi de 9H00 à 17H00 qui paie, qui soit stable, pour que je puisse m'acheter un appartement et blablabla", dit-elle en souriant. "Moi je lui dis: Papa, le monde a changé. On n'a plus besoin d'un emploi de 9H00 à 17H00. Les gens gagnent leur vie autrement".