"Je ne suis jamais moins seul que dans la solitude." Reste à savoir si Scipion l'Africain, homme d'Etat romain vers 200 avant J.-C., aurait réussi à s'isoler à notre époque. A l'heure où la communication est presque une seconde nature pour beaucoup d'entre nous, être seul en deviendrait bientôt un concept à part entière, érigeant la quarantaine en situation en voie de disparition. Et pourtant, elle aurait de réelles fonctions. "A condition qu'elle soit voulue, évidemment. Il ne faut pas la confondre avec l'isolement, que vivent notamment beaucoup de personnes âgées et qui est une réelle souffrance (NDLR: plus d'une personne sur trois a peur de la déréliction et une personne sur dix craint qu'on ne s'occupe pas d'elle en cas de besoin (1)), un état de fait subi et destructeur. La solitude, lorsqu'elle est revendiquée, choisie et délibérée, est réellement salutaire", explique Patrick Traube (2), psychologue. L'homme rappelle d'ailleurs qu'elle est un besoin, à l'instar du sommeil ou du silence, autant de dispositions réparatrices nécessaires à la régénération de soi, tant sur le plan mental que physique.
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